Manifestations en Hongrie : Péter Magyar, opposant à Orbán, remporte la bataille de Budapest
Jeudi 23 octobre se tenaient à Budapest deux manifestations organisées par les candidats au poste de Premier ministre hongrois : Péter Magyar et Viktor Orbán. Les rivaux ont pu comparer leur popularité grâce à deux rassemblements organisés simultanément dans les rues de la capitale. Si l’avance de Péter Magyar dans les sondages s’est confirmée dans les artères budapestoises, rien n’est encore joué pour l’élection de mars 2026.
Il y avait foule dans les rues en ce 23 octobre, jour férié commémorant la révolution de 1956 contre les communistes. Cette date symbolique a été choisie par le Tisza et le Fidesz pour lancer leur campagne électorale. Si les deux partis affirmaient manifester pour défendre leur vision de la Hongrie, ces rassemblements avaient avant tout pour but de mesurer leur popularité à l’approche des élections législatives.
Le Fidesz, toujours fidèle à Viktor Orbán malgré des sondages en baisse, a organisé une « marche de la paix » contre les aides européennes à l’Ukraine. Une position conforme à la ligne pro-russe du dirigeant hongrois depuis l’invasion de l’Ukraine par Moscou. Le cortège a réclamé la fin de l’accueil des réfugiés ukrainiens et l’arrêt des subventions et aides militaires européennes.


Le Tisza, parti de droite conservatrice fondé en 2020 par Péter Magyar, abordait cette journée dans la posture du favori. Le député européen fait depuis le début de l’été la course en tête, devançant même Viktor Orbán de 18 points dans un sondage publié en octobre. Sa manifestation, pro-européenne et pro-OTAN, a rassemblé plus de cent mille personnes sous le slogan évocateur : « 1956 la révolution, 2026 changement de régime ».
Même si le Tisza compte 18 points d’avance, les jeux sont loin d’être faits. Depuis quatorze ans, le Fidesz a modelé le pays à son image : redécoupage des circonscriptions électorales, extension du vote aux Hongrois de l’étranger (un électorat votant à 90 % pour le Fidesz). Si l’avance du Tisza semble conséquente, elle ne garantit pas une majorité absolue au Parlement, d’autant que Viktor Orbán n’est pas encore officiellement entré en campagne, contrairement à son opposant.
Paul Rabeisen
