DAC 1904, un club slovaque au service de la stratégie identitaire d’Orbán

Dans les gradins du stade de Dunajská Streda, en Slovaquie, les supporters scandent Ria Ria Hungaria! et entonnent Nélküled. Reportage à la croisée du football et de la politique.

« Vous ne serez pas déçu, là-bas ce n’est pas la Slovaquie, c’est la Hongrie ». Depuis notre arrivée en ville cette phrase prononcée par notre aubergiste de Bratislava résonne dans notre esprit. Notre perception est schizophrène, nous sommes certains d’avoir passé la frontière, nos billets de train nous indiquent un trajet entre deux villes Slovaque, et puis mince, on paye en euros ! Notre vision semble houblonnée face à tant d’incohérence. Au début du match, un chanteur hongrois reprend la chanson « Nélküled » (sans toi), sort d’hymne non-officiel depuis peu pour les Magyars de Trianon, ces Hongrois qui ont été forcés de vivre hors de Hongrie après la redéfinition des frontières en 1920.

Derrière moi, un père et son fils chantent à plein poumons cette chanson, main sur le cœur et larmes aux yeux. Quasiment tout le monde parle le hongrois à Dunaszerdahely, le nom magyar de Dunajská Streda. Les « Ria Ria Hungaria » descendent des tribunes comme si nous étions dans une arène de Budapest, Debrecen ou Szeged. Le stade porte le nom de la compagnie pétrolière hongroise MOL, la banque OTP est présente sur tous les panneaux publicitaires et chaque buteur est célébré en hongrois par le speaker. Pourtant Wikipédia est formel, nous sommes bel et bien en Slovaquie.

Dunajská Streda est une ville de 23 000 habitants, située à environ cinquante kilomètres de Bratislava. Cette commune composée à 80 % de Hongrois ethniques est devenue slovaque à la suite du traité de Trianon en 1920. Ce petit patelin d’Europe centrale, accueille aujourd’hui l’équipe du DAC 1904, un club de football administré par des proches de Viktor Orbán, le premier ministre hongrois. La cité est logée près de la frontière hongroise. Ses rues se composent d’imposantes barres d’immeubles aussi jaunâtres que défraîchies, ainsi que de petites maisons d’architecture hongroise. Les artères de la municipalité, sont comme ses nombreux cafés et salons de beauté : désespérément vides en ce weekend d’août. À première vue, Dunajská Streda ressemble plus à un décor de film à l’abandon qu’à une ville importante du Sud de la Slovaquie…

La suite à retrouver gratuitement (avec un compte) sur le Courrier d’Europe Centrale : https://courrierdeuropecentrale.fr/dac-1904-un-club-slovaque-au-service-de-la-strategie-identitaire-dorban/

Publications similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *