Une heure de discussion avec Vincent Liegey, ingénieur spécialiste de la décroissance
Le JFB a rencontré Vincent Liegey dans le cadre de la publication prochaine d’un Guide de la soutenabilité en Hongrie. Nous avons discuté une heure de son parcours et de sa vision de la décroissance.
Il est peu avant 18 heure lorsque le JFB passe pour la première fois la porte de Cargonomia, la coopérative créée par Vincent Liegey et ses amis. Dès l’entrée, nous comprenons où nous sommes : des vélos sur le sol, au plafond et même sur les murs. Seul une cagette de tomates vient contrarier l’esprit mécanique du lieu situé place Jean-Paul II. Partout sur les murs, des affiches, des banderoles et des cadres mettant en avant le vélo.
À peine quelques secondes de contemplation de ce bordel parfaitement organisé, que nous apercevons Vincent en pleine réunion avec ses stagiaires. Il nous invite à rentrer dans leur petite salle de travail pour nous saluer. La pièce de 10m2 comprend une petite mezzanine, une table en son centre où l’un des stagiaires coud une chambre à air pendant que son ami lui, peaufine son rapport de stage. Vincent comme à son habitude, gère des contretemps.
Si Vincent a autant de choses à gérer un jeudi à 18heure, c’est parce qu’il est un profil professionnellement « touche à tout ». Ingénieur de formation, il s’est spécialisé dans la décroissance au point de devenir l’un des porte-voix du parti français de la décroissance. Contrairement à ses idées, son emploi du temps n’est pas décroissant en cette rentrée : conférencier, fondateur de Cargonomia, professeur à la Central European University de Vienne et même conseiller des français de l’étranger depuis 4 ans maintenant.
Vincent a des journées bien remplies, mais trouve quand même le temps de partager ses idées dans des livres. Au fond de la pièce, posé en évidence sur une commode de récup, on aperçoit ses deux derniers ouvrages en français « la décroissance – Fake or Not » et « La sobriété la vrai ». Le temps d’un dernier mail, Vincent enjoint ses stagiaires de ne pas travailler après 19h et enfile sa casquette d’auteur pour nous conduire dans un bar où il a ses habitudes.
Installé sur cette terrasse bientôt bondée, nous nous retrouvons face à face. Vincent a la cinquantaine timide, est habillé simplement mais élégamment, loin des clichés qui frappent souvent les écolos. Ses cheveux courts un peu grisonnants, contrastent avec son air d’enfant moqueur, attendant la moindre occasion de faire une bêtise. À peine le temps de prendre une première gorgée, que notre conversation commence.
Paul Rabeisen : Vous évoquez dans vos ouvrages le « Oh shit! moment », cet instant où l’on se rend personnellement compte de l’état de dégradation du monde. Dans votre cas, vous traitez au quotidien des sujets déprimants pour l’avenir de notre planète et de notre civilisation. Notre première question est donc : comment allez-vous en septembre 2025 ?
Vincent Liegey : Je vais très bien. Contrairement à beaucoup de personnes….
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